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Baccalauréat scientifique : le bac S de 1995 à sa fin

📅 13 octobre 2026
⏱️ 15 min de lecture

L’essentiel

Le baccalauréat scientifique, ou bac S, était une série du bac général créée en 1995. Sa dernière session a eu lieu en 2020 : la réforme du lycée a supprimé les séries S, ES et L au profit de spécialités. Aujourd’hui, le parcours équivalent combine en général mathématiques, physique-chimie et une troisième spécialité (SVT, sciences de l’ingénieur ou numérique), plus une option maths expertes pour la prépa scientifique.

Le bac scientifique n’existe plus comme série, mais la question revient chaque année : que contenait-il, qu’est-ce qui l’a remplacé, et quel chemin prendre aujourd’hui pour suivre le même type d’études ? Voici les réponses chiffrées, tirées de la fiche officielle du réseau des Carif-Oref et de la description détaillée de la série.

Le bac S en bref

Le baccalauréat scientifique (bac S) était l’une des trois séries de la voie générale du lycée, avec le bac littéraire (L) et le bac économique et social (ES). Il s’adressait aux élèves attirés par les matières scientifiques, des maths à la biologie en passant par la physique, la chimie, les sciences de la vie et de la Terre, l’écologie et l’agronomie.

  • Première session : 1995, en remplacement des séries C, D, D’ et E.
  • Dernière session : 2020, avec la suppression des séries générales.
  • Dominante au choix : sciences de la vie et de la Terre, sciences de l’ingénieur, ou écologie-agronomie-territoires dans les lycées agricoles.
  • Taux de réussite : entre 88,5 % et 92,5 % de 2006 à 2019.
Infographie : le bac S en quatre repères, première session en 1995, dernière en 2020, coefficient des maths de 7 à 9, 91,4 % de réussite en 2019
Les quatre repères à retenir sur le bac S.

D’où vient le bac scientifique ?

L’idée est ancienne. Créé en 1808, le baccalauréat ès sciences était un second baccalauréat : on ne pouvait le passer qu’après avoir réussi le baccalauréat général. Le nombre d’inscrits était en principe limité, car les épreuves étaient corrigées par des professeurs d’université, et les candidats aux études scientifiques universitaires ou aux écoles du gouvernement (Polytechnique, École normale supérieure, Saint-Cyr) passaient en priorité.

La série S telle qu’on la connaît naît en 1995. Elle succède aux séries C, D, D’ et E, elles-mêmes héritières des anciens baccalauréats mathématiques élémentaires et sciences expérimentales. Elle a donc duré vingt-six sessions, de 1995 à 2020, avant d’être remplacée par les spécialités.

Ce qu’on y étudiait de la première à la terminale

Le bac S reposait sur un tronc commun et sur des enseignements spécifiques. En classe de première, tous les élèves suivaient notamment français (4 heures), mathématiques (4 heures), physique-chimie (3 heures), histoire-géographie (2 h 30), deux langues vivantes (2 h 15 chacune), éducation physique (2 heures) et un accompagnement personnalisé de 2 heures. S’y ajoutait un enseignement obligatoire au choix : SVT (3 heures), sciences de l’ingénieur (7 heures) ou écologie-agronomie-territoires (6 heures).

La terminale accentuait fortement le poids des sciences, comme le montre le tableau ci-dessous.

Enseignement Première S Terminale S
Mathématiques 4 h 6 h
Physique-chimie 3 h 5 h
Philosophie — 3 h
Histoire-géographie 2 h 30 2 h
Langue vivante 1 2 h 15 2 h
Langue vivante 2 2 h 15 2 h
Éducation physique et sportive 2 h 2 h
Accompagnement personnalisé 2 h 2 h
SVT (enseignement obligatoire au choix) 3 h 3 h 30
Sciences de l’ingénieur (au choix) 7 h 8 h
Écologie, agronomie, territoires (au choix) 6 h 5 h 30
Enseignement de spécialité (un au choix) — 2 h
Horaires hebdomadaires du bac S dans son organisation la plus récente. Sources : réseau des Carif-Oref et Wikipédia.

On note le glissement : entre la première et la terminale, les mathématiques passent de 4 à 6 heures et la physique-chimie de 3 à 5. En terminale, l’élève choisissait aussi un enseignement de spécialité de 2 heures parmi les mathématiques, la physique-chimie, les SVT, l’informatique et sciences du numérique, ou l’écologie-agronomie-territoires dans les lycées agricoles. Ce choix était facultatif pour ceux qui avaient pris sciences de l’ingénieur comme enseignement obligatoire.

Épreuves et coefficients : le détail

Le bac S combinait des épreuves anticipées passées en première et des épreuves terminales passées en terminale. En première, le français comptait pour un écrit de 4 heures et un oral de 20 minutes, chacun au coefficient 2. En terminale, le barème donnait un poids écrasant aux sciences.

Épreuve de terminale Format Coefficient
Mathématiques Écrit de 4 h 7 (9 avec la spécialité)
Physique-chimie Écrit de 3 h 30 + pratique de 1 h 6 (8 avec la spécialité)
SVT (enseignement obligatoire) Écrit de 3 h 30 + pratique de 1 h 6 (8 avec la spécialité)
Sciences de l’ingénieur Écrit de 4 h + oral de 20 min 6 (8 avec la spécialité)
Écologie, agronomie, territoires (lycées agricoles) Écrit de 3 h 30 + pratique de 1 h 7
Philosophie Écrit de 4 h 3
Histoire-géographie Écrit de 3 h 3
Langue vivante 1 Écrit de 3 h + oraux 3
Langue vivante 2 Écrit de 2 h + oraux 2
Éducation physique et sportive Contrôle en cours de formation 2
Épreuves obligatoires du bac S avant la réforme. Source : Wikipédia, fiche « Baccalauréat scientifique ».

Le total des coefficients faisait des mathématiques et de la physique-chimie les deux matières les plus lourdes, ce qui explique la réputation de « bac de sélection » de la série. Les élèves pouvaient ajouter jusqu’à deux options facultatives : la première comptait coefficient 2 (3 pour le latin et le grec ancien), la seconde coefficient 1. Il valait donc mieux placer une langue ancienne en première position. Pour comprendre comment fonctionnent aujourd’hui les épreuves anticipées, notre article sur l’ECE du bac détaille le déroulé et la notation.

Combien pesaient vraiment les sciences dans le total ?

Additionnons les coefficients des épreuves obligatoires de terminale pour un élève de la voie SVT, sans compter la spécialité : 7 + 6 + 6 + 3 + 3 + 3 + 2 + 2 = 32 points de coefficient. Mathématiques, physique-chimie et SVT en représentent à eux trois 19, soit près de 60 % du total. Le calcul est simple, mais il change la perspective : dans cette série, un élève fort en sciences pouvait compenser une faiblesse en langues ou en philosophie.

Matière Coefficient Part du total de 32
Mathématiques 7 21,9 %
Physique-chimie 6 18,8 %
SVT 6 18,8 %
Philosophie 3 9,4 %
Histoire-géographie 3 9,4 %
Langue vivante 1 3 9,4 %
Langue vivante 2 2 6,3 %
Éducation physique 2 6,3 %
Poids des épreuves obligatoires de terminale S (voie SVT, hors spécialité). Calcul maison à partir des coefficients de la fiche Wikipédia.

Avec la spécialité mathématiques, les maths montent à 9 et le total à 34 : la matière pèse alors plus de 26 % du total, et les maths et la physique-chimie réunies atteignent 44 %. La contrepartie est évidente : un élève qui lâchait pied en mathématiques voyait sa moyenne s’effondrer. La réforme a changé cette logique en répartissant les points entre le contrôle continu, les épreuves de spécialité et le grand oral.

Choisir sa dominante : SVT, ingénieur ou agronomie

Dès la première, l’élève choisissait un enseignement obligatoire qui orientait toute sa scolarité. Trois voies existaient. La plus répandue était la SVT, avec 3 heures en première et 3 h 30 en terminale. La seconde, sciences de l’ingénieur, pesait nettement plus lourd (7 puis 8 heures) et préparait aux études techniques. La troisième, écologie-agronomie-territoires, n’était proposée que dans les lycées agricoles, avec 6 puis 5 h 30.

Chaque voie avait sa logique d’examen. L’épreuve de SVT combinait un écrit de 3 h 30 et une partie pratique d’une heure, tandis que les sciences de l’ingénieur se terminaient par un écrit de 4 heures et un oral de 20 minutes. C’est cette dominante qui distinguait, de fait, un « bac S-SVT » d’un « bac S-SI ». Pour mesurer ce que cela change côté lycée technologique, on peut comparer avec les séries décrites dans notre article sur le bac STL ou celui sur le bac STAV.

Un bac difficile ? Ce que disent les taux de réussite

La série S traînait une réputation de « bac royal » : ce que révèlent les chiffres est plus nuancé. Le taux de réussite est resté très stable, autour de 90 %, pendant près de quinze ans.

Session Taux de réussite du bac S
2006 89,1 %
2008 89,2 %
2010 88,6 %
2012 90,8 %
2013 92,5 %
2015 90,6 %
2017 91,8 %
2019 91,4 %
Taux de réussite du bac général série S, sessions sélectionnées. Source : Wikipédia, d’après les statistiques de l’Éducation nationale.

Le plancher est à 88,5 % (2007) et le plafond à 92,5 % (2013). Sur les huit sessions de 2012 à 2019, la moyenne s’établit à 91,5 % environ. L’écart entre sessions ne dépasse donc jamais quatre points. Ce qui rendait le bac S exigeant n’était pas son taux de réussite, mais le niveau demandé en mathématiques et en physique-chimie, avec des coefficients de 6 à 9, et la forte proportion de bons élèves qui s’y orientaient. Pour viser une mention, voir aussi nos conseils sur la révision par les annales.

Infographie : du bac S aux spécialités, création en 1995, pic de réussite à 92,5 % en 2013, réforme en 2018, dernier bac S en 2020, spécialités à partir de 2021
De la création de la série S à son remplacement par les spécialités.

Pourquoi la série S a disparu

La réforme du lycée lancée en 2018 a confirmé l’abandon des séries S, ES et L du bac général, qui avaient elles-mêmes succédé aux séries A, B, C, D et E en 1995. À partir de la rentrée 2019 en première, on ne parle plus de séries mais de spécialités. Les élèves de terminale de l’année 2019-2020 ont été les derniers à passer un bac S, ES ou L.

Le principe nouveau est celui de la combinaison. Chaque élève choisit trois spécialités parmi douze en première, puis en garde deux en terminale. Les horaires sont de 4 heures par matière en première et de 6 heures par matière en terminale. Chaque lycée doit proposer au moins sept spécialités, ce qui signifie que toutes les combinaisons ne sont pas possibles partout.

Pour les anciens bacheliers, rien ne change : un bac S obtenu avant la réforme reste un diplôme de niveau bac, valable sans limite de durée, et il garde sa lisibilité auprès des écoles. Pour les parents qui retrouvent le sigle dans un dossier ancien, la traduction est simple : « bac S » signifie un parcours centré sur les mathématiques et la physique-chimie, avec une dominante biologique, technique ou agricole.

Le même mouvement a touché les autres séries. Si vous cherchez ce que sont devenus les ES, notre article Bac ES : ce qu’il est devenu fait le même exercice de traduction.

Les spécialités qui prennent la place du bac S

Les douze spécialités sont : histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques ; sciences économiques et sociales ; humanités, littérature et philosophie ; langues, littératures et cultures étrangères ; littérature et langues et cultures de l’Antiquité ; mathématiques ; physique-chimie ; sciences de la vie et de la Terre ; numérique et sciences informatiques ; sciences de l’ingénieur ; arts ; et biologie-écologie, réservée aux lycées agricoles.

Trois combinaisons correspondent le mieux à l’ancienne série S. Dans tous les cas, mathématiques et physique-chimie sont indispensables.

Profil Trois spécialités de première Option conseillée
Ancien bac S-SVT Mathématiques, physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre Maths expertes
Ancien bac S-SI Mathématiques, physique-chimie, sciences de l’ingénieur Maths expertes
Ancien bac S-informatique Mathématiques, physique-chimie, numérique et sciences informatiques Maths expertes
Correspondances entre l’ancien bac S et les spécialités. Source : cours-thales.fr, analyse de la réforme.

Concrètement, l’élève qui voulait retrouver l’équilibre du bac S choisit en première mathématiques, physique-chimie et une troisième spécialité, puis en abandonne une en terminale. Le duo mathématiques et physique-chimie est le plus fréquent : il représente 12 heures par semaine en terminale, contre 11 heures pour ces deux matières dans l’ancienne terminale S. Chaque spécialité conservée pèse 16 points sur les 100 de la note finale, là où les mathématiques de l’ancienne série pesaient 7 coefficients sur 32.

La troisième spécialité garde le même rôle que l’ancienne dominante. Un lycéen attiré par la biologie ou la médecine conserve les sciences de la vie et de la Terre, celui qui vise l’informatique prend numérique et sciences informatiques, et celui qui préfère la conception technique choisit sciences de l’ingénieur. Cette dernière n’est pas proposée partout : c’est la contrainte à vérifier en premier, avant même de rêver à une combinaison.

L’option maths expertes complique le tableau : elle est exigée par les classes préparatoires scientifiques, alors que les autres cursus n’avaient pas tous fixé leurs attendus au moment de la réforme. Autre différence de taille : un élève qui visait une école de commerce peut désormais abandonner la physique-chimie tout en suivant les mêmes cours de mathématiques que les futurs ingénieurs. Mais il perd alors la possibilité de changer d’avis et de viser une école d’ingénieurs. Les choix se font dès la seconde, et pèsent sur l’orientation.

Quelles études après un bac scientifique ?

Un bac scientifique ouvrait presque toutes les portes, et c’est toujours le cas des combinaisons scientifiques d’aujourd’hui. Les grandes familles de poursuites d’études restent les mêmes.

  • Licences universitaires : sciences et technologies, économie, gestion, STAPS.
  • Classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce.
  • Écoles d’ingénieurs à prépa intégrée, écoles de commerce, expertise comptable, audiovisuel.
  • Formations technologiques courtes (BTS, DUT) : physique, chimie, informatique, biologie.
  • Filières médicales et paramédicales : médecine, dentaire, pharmacie, kinésithérapie, soins infirmiers.

Entre un BTS et un BUT, le choix mérite réflexion : notre comparatif BTS ou BUT donne les critères pour décider.

Si vous visez aujourd’hui un parcours scientifique

Pour un collégien ou un lycéen d’aujourd’hui, le raisonnement est simple : l’étiquette « S » n’existe plus, mais le contenu se retrouve dans les spécialités. Voici une démarche en quatre temps.

  1. Repérer les attendus des formations visées avant la fin de la seconde : certaines demandent des maths expertes, d’autres la physique-chimie.
  2. Vérifier que le lycée propose la combinaison voulue, car chaque établissement n’est tenu d’en proposer que sept.
  3. Garder les mathématiques et la physique-chimie au moins jusqu’à la fin de la première, pour ne pas fermer l’accès aux écoles d’ingénieurs.
  4. Soigner les méthodes de travail : une bonne fiche de révision pèse plus que des heures de relecture passive.

Le candidat libre peut aussi composer sa voie : voir notre dossier sur le bac candidat libre.

Questions fréquentes

Le bac S existe-t-il encore ?

Non. La dernière session du bac S a eu lieu en 2020. Depuis la réforme du lycée, le bac général fonctionne avec des spécialités et non plus avec des séries.

Quand le bac S a-t-il été créé ?

En 1995. Sa première session remplace les séries C, D, D’ et E. Il a ensuite duré jusqu’en 2020.

Quel taux de réussite avait le bac S ?

Entre 88,5 % et 92,5 % de 2006 à 2019, avec 91,4 % pour la session 2019 et un pic à 92,5 % en 2013.

Par quoi le bac S est-il remplacé ?

Par des combinaisons de spécialités. Les plus proches : mathématiques, physique-chimie et SVT, sciences de l’ingénieur ou numérique, avec l’option maths expertes pour la prépa.

Quelle matière avait le coefficient le plus élevé ?

Les mathématiques : coefficient 7 en terminale, et 9 pour ceux qui avaient choisi cette matière en spécialité.

Un bac S obtenu avant 2021 est-il toujours valable ?

Oui. Il s’agit d’un diplôme national de niveau bac, sans date d’expiration. Les formations du supérieur raisonnent aujourd’hui en spécialités pour les nouveaux candidats, mais elles continuent d’accueillir les titulaires d’un ancien bac S sans condition particulière liée à la série.

Combien de spécialités choisit-on aujourd’hui ?

Trois en première, parmi douze, puis deux en terminale. Chaque lycée doit en proposer au moins sept.

Avant de choisir vos spécialités, notez les attendus de trois formations qui vous attirent, puis comparez-les à l’offre de votre lycée : c’est la méthode la plus sûre pour ne pas se fermer de porte. Pour chaque matière, un planning de révision calé sur les annales reste le meilleur moyen de progresser.

Source

Réseau des Carif-Oref, Bac série scientifique (S) — Baccalauréat général : horaires hebdomadaires, enseignements obligatoires et de spécialité, code scolarité 47011010.

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