ECE du bac : déroulé, notation et méthode pour réussir
L’ECE au bac, c’est une heure au labo, seul devant ta paillasse, avec un sujet que tu découvres en entrant. Ce n’est ni un TP noté comme les autres, ni un écrit déguisé : l’examinateur regarde comment tu t’y prends, pas seulement ce que tu trouves. Bonne nouvelle, cette épreuve est l’une des plus prévisibles du bac. Les thèmes reviennent, la structure du sujet ne change pas, et les points se gagnent avec une méthode que tu peux répéter.
Qu’est-ce que l’ECE au bac ?
ECE signifie évaluation des compétences expérimentales. C’est la partie pratique de l’épreuve terminale de spécialité, en voie générale, pour deux enseignements seulement : physique-chimie et sciences de la vie et de la Terre. Si tu as choisi l’une de ces spécialités en terminale, tu passes une ECE. Si tu as gardé les deux, tu en passes deux.
L’épreuve dure une heure. Elle se déroule au laboratoire, en général dans ton propre lycée, quelques jours avant les écrits de spécialité, qui ont lieu à la mi-juin depuis la session 2024. Les dates précises dépendent de ton académie : ton établissement te les communique, souvent par l’ENT, et elles figurent sur ta convocation.
Chaque année, une banque nationale de sujets est constituée. Ton lycée en retient une partie, selon le matériel dont il dispose, et le jour J tu tires ton sujet au sort. L’examinateur est un professeur de la discipline, en principe pas celui qui t’a eu en classe dans l’année.
Une précision, parce que la confusion est fréquente : l’ECE dont il est question ici n’a rien à voir avec l’école d’ingénieurs qui porte le même sigle. On parle bien d’une épreuve du baccalauréat.
Physique-chimie ou SVT : deux barèmes
Les deux ECE partagent le nom et la durée, mais pas le poids ni la logique du sujet. En physique-chimie, le sujet ressemble à une petite enquête : tu t’appropries un document, tu proposes ou tu suis un protocole, tu mesures, tu compares ton résultat à une valeur de référence. En SVT, il suit toujours le même fil en quatre étapes : proposer une stratégie, réaliser un protocole, présenter tes résultats, les exploiter pour répondre au problème posé.
| Repère | ECE physique-chimie | ECE SVT |
|---|---|---|
| Durée | 1 h | 1 h |
| Points dans l’épreuve de spécialité | 4 sur 20 | 5 sur 20 |
| Écrit associé | 3 h 30, noté sur 16 | 3 h 30, noté sur 15 |
| Structure du sujet | Parties reliées par des appels, souvent 2 ou 3 | Quatre étapes fixes, avec des appels à la fin des étapes clés |
| Ce qui est évalué | S’approprier, analyser, réaliser, valider, communiquer | Stratégie, mise en œuvre, communication, exploitation |
| Outils fréquents | Burette, pH-mètre, spectrophotomètre, capteurs, Python | Microscope, ExAO, logiciels de séquences et de molécules |
| Calculatrice | En général autorisée, en mode examen | Selon le sujet |
Le sujet précise toujours, en première page, le matériel disponible et les consignes de sécurité. Lis-les : elles te disent déjà quelles manipulations on attend de toi.
Combien rapporte l’ECE au bac ?
Plus que tu ne le crois. Chaque spécialité de terminale a un coefficient 16 sur les 100 du bac. Une ECE notée sur 4 représente donc un cinquième de 16, soit l’équivalent d’un coefficient 3,2. En SVT, sur 5 points, elle vaut un coefficient 4. C’est presque autant que l’écrit du bac de français, coefficient 5, et bien plus qu’une matière du contrôle continu prise isolément.
Nous avons traduit ce poids en points de moyenne générale, la seule unité qui compte le jour des résultats :
| Calcul | Physique-chimie | SVT |
|---|---|---|
| Équivalent coefficient de l’ECE | 3,2 sur 100 | 4 sur 100 |
| Un point gagné sur le barème de l’ECE | +0,16 point de moyenne | +0,16 point de moyenne |
| ECE réussie à 100 % plutôt qu’à 50 % | +0,32 point | +0,40 point |
| ECE entière | 0,64 point de moyenne | 0,80 point de moyenne |
| Si tu passes les deux ECE | jusqu’à 1,44 point de moyenne générale | |
Concrètement, passer d’une ECE à 2 sur 4 à une ECE à 4 sur 4 fait gagner 0,32 point de moyenne. C’est l’écart entre 11,8 et 12,1, donc entre pas de mention et la mention assez bien. Même logique aux seuils de 14 et 16, et autour de 10, où se joue l’admission directe. Entre 8 et 10 de moyenne, c’est l’oral de rattrapage du bac qui prend le relais.
Autre avantage : l’ECE est l’épreuve où l’écart entre élèves préparés et non préparés est le plus net. Les gestes s’apprennent, la structure du sujet se connaît à l’avance. Rares sont les heures de révision aussi rentables.
Le déroulé, minute par minute
Tu arrives dans la salle, tu tires ton sujet ou on te l’attribue, et tu t’installes à une paillasse déjà équipée. Plusieurs candidats composent en même temps, sur des sujets souvent différents. L’examinateur circule, t’observe pendant que tu manipules et vient à chaque appel.
Une heure passe vite. Le plan le plus sûr découpe le temps en cinq blocs :
- Lire tout le sujet, de la première à la dernière page, et repérer les appels (5 minutes).
- Rédiger ta stratégie ou ton protocole, puis appeler l’examinateur (10 minutes).
- Manipuler, mesurer, noter chaque valeur avec son unité (25 minutes).
- Mettre en forme les résultats : tableau, graphique, dessin ou capture légendée (10 minutes).
- Exploiter, conclure en répondant au problème, relire (10 minutes).
Le bloc de manipulation est le plus élastique. S’il déborde, raccourcis la mise en forme, jamais la conclusion : c’est souvent là que se trouvent les points les plus faciles.

Comprendre les appels à l’examinateur
Le sujet contient des encadrés « appel » : à ces moments-là, tu lèves la main et l’examinateur vient te voir. Tu lui présentes ta proposition de protocole, ta première mesure ou ton montage. Il valide, corrige ou te pose une question, puis tu continues.
Les appels ne sont pas des pièges, ce sont des points de contrôle. Ils servent à évaluer ce que l’écrit ne montre pas : ton raisonnement à voix haute, ton geste, ta capacité à justifier un choix. Présente les choses en deux ou trois phrases, avec le vocabulaire précis : « je prélève 10,0 mL à la pipette jaugée », pas « je mets un peu de solution ».
Certains sujets de physique-chimie prévoient aussi des appels facultatifs. Tu peux les utiliser pour faire vérifier une étape dont tu doutes. Et à tout moment, tu as le droit de demander de l’aide si tu bloques. L’examinateur te donne alors un coup de pouce, qui est pris en compte dans l’évaluation de la compétence concernée, mais qui te permet de continuer et de récupérer les points de la suite.
Un conseil : n’attends pas dix minutes avant d’appeler si tu es prêt. L’examinateur gère plusieurs candidats, et le temps d’attente est décompté de ton heure.

Comment l’ECE est-elle notée ?
La notation repose sur une grille nationale, organisée par compétences, que l’examinateur remplit pendant l’heure. Il ne corrige pas une copie après coup : il note aussi ce qu’il a vu faire.
En physique-chimie, chaque question du sujet est rattachée à une compétence :
- S’approprier : comprendre le problème, extraire l’information des documents.
- Analyser et raisonner : proposer un protocole, choisir le matériel, prévoir un calcul.
- Réaliser : manipuler correctement et en sécurité, mesurer, calculer.
- Valider : juger le résultat, par exemple en le comparant à une valeur de référence avec l’incertitude.
- Communiquer : présenter clairement, à l’écrit comme à l’oral.
Pour valider, le programme utilise un critère précis : on calcule l’écart entre ta valeur et la valeur de référence, divisé par l’incertitude-type. S’il reste inférieur ou égal à 2, ton résultat est jugé compatible. Savoir faire ce calcul en deux lignes rapporte des points sur presque tous les sujets.
En SVT, la grille suit les quatre étapes du sujet. La stratégie compte sur ce que tu fais, comment et ce que tu attends. La mise en œuvre porte sur le respect du protocole et la qualité du geste. La communication juge la forme choisie : un tableau propre, un graphique avec titre et unités, un dessin d’observation légendé. L’exploitation, enfin, vérifie que tu réponds au problème posé et pas à une autre question.

Les thèmes qui reviennent
Les sujets changent chaque année, mais ils puisent dans les mêmes parties du programme de terminale. D’après les sujets des sessions passées, voici les familles les plus fréquentes et les gestes qu’elles demandent :
| Discipline | Famille de sujets | Gestes et savoir-faire attendus |
|---|---|---|
| Physique-chimie | Titrage pH-métrique ou conductimétrique | Pipette jaugée, burette, étalonnage du pH-mètre, repérage de l’équivalence |
| Physique-chimie | Dosage par spectrophotométrie | Gamme étalon, dilution en fiole jaugée, loi de Beer-Lambert |
| Physique-chimie | Cinétique d’une réaction | Suivi temporel, temps de demi-réaction |
| Physique-chimie | Mouvement, ondes, condensateur | Pointage vidéo, acquisition, script Python à compléter |
| SVT | Génétique et évolution | Comparaison de séquences sur logiciel, interprétation |
| SVT | Observations microscopiques | Préparation, coloration, mise au point, dessin légendé |
| SVT | Métabolisme et enzymes | ExAO, influence de la température ou du pH |
| SVT | Géologie et climat | Roches et minéraux, données paléoclimatiques, tableur |
Tu n’as pas besoin de connaître chaque sujet : il te faut maîtriser les gestes de ce tableau. Un élève qui sait étalonner un pH-mètre, faire une dilution et tracer un graphique propre s’en sort sur la majorité des sujets de physique-chimie.
Préparer l’ECE en quatre semaines
La préparation se fait mieux par petites séances régulières qu’en une révision massive la veille. Quatre semaines suffisent si tu t’y mets à la mi-mai :
| Semaine | Objectif | Temps conseillé |
|---|---|---|
| J-28 à J-22 | Relire tes comptes rendus de TP, lister les gestes de l’année | 2 séances de 45 min |
| J-21 à J-15 | Traiter deux sujets des sessions passées par spécialité, en temps réel | 2 à 4 heures |
| J-14 à J-8 | Refaire les gestes au labo si ton lycée le propose, travailler graphiques et incertitudes | 2 séances |
| J-7 à J-1 | Fiches méthode, un sujet blanc chronométré, préparation du matériel | 3 séances de 30 min |
Pour les sujets d’ECE bac des sessions passées, applique la méthode décrite dans notre article pour réviser avec les annales : chrono, correction, puis refaire ce qui a coincé. Sans labo, tu peux quand même rédiger le protocole, prévoir les mesures et tracer le graphique à partir de valeurs fournies.
Condense ensuite les méthodes sur une page par discipline : rédiger un protocole, écrire un résultat avec son incertitude, construire un graphique, conclure. La démarche est la même que pour une fiche de révision, appliquée aux savoir-faire plutôt qu’aux connaissances. Relis-la à J-7, J-3 et la veille : c’est l’espacement qui combat la courbe de l’oubli.
Demande aussi à ton professeur s’il organise une séance de reprise des TP. Beaucoup de lycées le font en mai, et c’est la seule occasion de manipuler le matériel sur lequel tu passeras l’épreuve.
Les erreurs qui coûtent des points
Les mêmes fautes reviennent chaque année, et presque toutes s’évitent avec un peu de méthode :
- Lire le sujet question par question et découvrir à la dernière page qu’il fallait lancer une mesure longue dès le début.
- Oublier un appel, ou le faire sans rien préparer à présenter.
- Noter des valeurs sans unité, ou avec plus de chiffres que la précision de la mesure n’en permet.
- Tracer un graphique sans titre, sans axes nommés ou avec une échelle illisible.
- Faire une seule mesure quand le protocole en demande plusieurs.
- Conclure sur autre chose que le problème posé, ou recopier les résultats au lieu de les interpréter.
- Négliger la sécurité : lunettes, gants quand c’est demandé, cheveux attachés, paillasse rangée.
La dernière erreur est la plus bête et la plus visible. L’examinateur note la manipulation en sécurité dans la compétence « réaliser » : une pipette aspirée à la bouche ou un flacon laissé ouvert se voient tout de suite.

Et si ta manip rate ?
Ça arrive, et ce n’est pas éliminatoire. Un réactif trop vieux, un logiciel qui plante, une mesure incohérente : les sujets prévoient ce cas. En SVT, l’examinateur peut te fournir une ressource de secours, par exemple une photographie des résultats attendus. Tu perds une partie des points de la mise en œuvre, mais tu gardes toutes tes chances sur la communication et l’exploitation.
En physique-chimie, tu peux obtenir des valeurs de secours pour poursuivre le calcul et la validation. Le réflexe à avoir : ne pas s’acharner en silence. Au bout de cinq minutes bloqué, appelle. Et si ton résultat est loin de la valeur attendue, ne le maquille pas : explique ce qui a pu fausser la mesure. Une discussion honnête des sources d’erreur fait partie de la compétence « valider ».
Le jour J : matériel, absence, aménagements
Vérifie la veille ce que demande ta convocation. En pratique, prévois :
- ta convocation et une pièce d’identité ;
- une blouse en coton à manches longues, souvent exigée ;
- une calculatrice avec le mode examen, des stylos, un crayon, une gomme et une règle ;
- un élastique si tu as les cheveux longs.
Ton téléphone reste éteint et rangé. Arrive en avance : le planning des passages est serré, et ton lycée l’affiche souvent sur l’espace numérique de ton lycée quelques semaines avant.
En cas d’absence, tout dépend du motif. Avec un justificatif valable, comme un certificat médical, tu peux être convoqué à une épreuve de remplacement. Sans justificatif, tu obtiens en principe zéro à cette partie. Si tu es en situation de handicap, des aménagements sont possibles : temps majoré, aide humaine, voire dispense de la partie pratique, la note de l’écrit étant alors ramenée sur 20. La demande se fait en début d’année scolaire, pas la veille.
La nuit d’avant compte aussi. Une heure de manip demande de la précision et du calme, deux choses qui s’effondrent après une nuit courte : notre article sur le sommeil pendant les révisions explique pourquoi. Les résultats, eux, arrivent début juillet avec ceux de toutes les épreuves, et tu les consultes comme d’habitude sur Cyclades. Tous nos conseils pour les épreuves de terminale sont réunis dans la rubrique bac.
Que veut dire ECE au bac ?
ECE signifie évaluation des compétences expérimentales. C’est la partie pratique, d’une heure, des épreuves de spécialité physique-chimie et SVT en terminale générale. Elle se passe au laboratoire, avant les écrits, et évalue ta démarche autant que ton résultat.
Combien de points vaut l’ECE ?
4 points sur 20 en physique-chimie, 5 points sur 20 en SVT, le reste venant de l’écrit de 3 h 30. Avec le coefficient 16 de la spécialité, l’ECE pèse 3,2 % du bac en physique-chimie et 4 % en SVT, soit jusqu’à 0,8 point de moyenne générale.
Quand ont lieu les ECE ?
Début juin, dans les jours qui précèdent les écrits de spécialité, placés à la mi-juin depuis la session 2024. Les dates exactes sont fixées par ton académie et ton lycée : elles figurent sur ta convocation et sont souvent affichées sur l’ENT.
Peut-on connaître les sujets de l’ECE à l’avance ?
Pas le tien : il est tiré au sort le jour J parmi ceux que ton lycée a retenus. Mais les sujets des sessions passées circulent et couvrent les mêmes familles de manipulations. S’entraîner dessus est la meilleure préparation.
Qui corrige l’ECE ?
Un professeur de la discipline, en principe pas celui qui t’a eu en classe dans l’année. Il t’observe pendant l’heure, vient à chaque appel et remplit une grille nationale organisée par compétences.
Que se passe-t-il si je rate ma manipulation ?
Tu appelles l’examinateur. Il peut te donner un coup de pouce ou des résultats de secours, ce qui te coûte des points sur la réalisation mais te permet de gagner ceux de la communication et de l’exploitation. Ne reste jamais bloqué en silence.
Ce soir, ouvre ton cahier de TP et liste les gestes que tu as faits cette année, discipline par discipline. Coche ceux que tu saurais refaire seul, sans fiche, et entoure les autres : ce sont eux que tu travailleras en premier. Puis note dans ton agenda la semaine de J-21, celle des sujets en temps réel.
Ministère de l’Éducation nationale, définition des épreuves de spécialité physique-chimie et sciences de la vie et de la Terre du baccalauréat général, partie pratique comprise, consultée le 28 septembre 2026.