Grand oral NSI : idées de questions et plan en 10 min
Une bonne question de grand oral en NSI tient en une phrase, se démontre sans ordinateur et peut se raconter à quelqu’un qui n’a jamais programmé. Voici le déroulé officiel de l’épreuve, des idées de questions classées par thème et un plan d’exposé minuté, avec les pièges propres à cette spécialité.
Comment se déroule le grand oral quand on fait NSI ?
Le grand oral est l’une des cinq épreuves terminales du bac général et technologique. Il dure 20 minutes et il est précédé de 20 minutes de préparation. Pendant ce temps, tu peux écrire sur papier un plan, des mots-clés, un schéma : ces notes t’aident à parler, elles ne sont pas lues par le jury ni évaluées.
Au bac général, tu présentes deux questions adossées à tes spécialités de terminale, et elles ne peuvent pas porter sur le même enseignement. Si NSI est l’une de tes deux spécialités, tu peux préparer une question NSI et une question sur l’autre, ou une question transversale aux deux. Elles sont inscrites sur une feuille signée par tes professeurs, et c’est le jury qui sélectionne celle sur laquelle il t’interroge.

Le premier temps dure 10 minutes, debout sauf aménagement : tu expliques pourquoi tu as choisi cette question, tu la présentes, puis tu y réponds. Le second temps dure aussi 10 minutes d’échange avec le jury, qui te fait préciser et approfondir.
Tu peux t’appuyer sur ton support papier, mais pas sur un support numérique, et la calculatrice est interdite. Un tableau est à disposition dans la salle pour le second temps.
Le jury compte deux examinateurs. L’un enseigne la spécialité sur laquelle repose ta question, l’autre peut être professeur de toute discipline. Tu ne sais pas qui est qui : ton exposé doit donc être compréhensible par un non-informaticien.
Sur quels critères le jury t’évalue-t-il ?
- la qualité de la prestation orale : capter l’attention, soutenir un discours ;
- la prise de parole en continu : gérer le temps, ponctuer son propos ;
- la qualité des connaissances ;
- l’interaction avec le jury : réagir, reformuler, prendre l’initiative ;
- la construction de l’argumentation et de la démonstration.
Ces cinq points figurent dans une grille d’évaluation indicative. Pour l’oral de NSI, ils veulent dire : peu de jargon, un fil clair, un exemple concret, et la capacité de répondre quand on te pousse hors de ton plan. Pour la méthode générale de préparation, tu peux aussi relire notre page grand oral 2026 : comment se préparer.
Comment choisir sa question en quatre filtres ?
Les questions doivent partir d’une réflexion personnelle : le jour de l’épreuve, tu expliques pourquoi tu as choisi celle que le jury retient. Elles peuvent être travaillées seul ou en petit groupe, mais ta réponse reste individuelle. Quatre filtres aident à trancher.
- Une question qui se pose en une phrase, avec un point d’interrogation, et dont la réponse n’est pas « oui » ou « non ».
- Un ancrage dans le programme, pour que ton enseignant de NSI reconnaisse la notion et que tu puisses répondre aux relances.
- Un sujet que tu peux expliquer sans écran, avec un schéma tracé en 20 secondes et un exemple calculé à la main.
- Une raison personnelle : un projet que tu as réalisé, un usage que tu observes, une curiosité née en cours.
Évite les sujets trop larges comme « l’intelligence artificielle » ou « Internet » : en dix minutes, on ne fait que survoler. Mieux vaut un angle précis : un algorithme, un protocole, une structure.
Quelles questions choisir, thème par thème ?
Voici des pistes classées par grands domaines de la spécialité. Aucune n’est « la » bonne : l’important est de te l’approprier en y mettant ta raison de l’avoir choisie.
| Domaine | Question possible | Notions à mobiliser |
|---|---|---|
| Bases de données | Comment une base de données retrouve-t-elle une information parmi des millions de lignes ? | Tables, clés, requêtes SQL, index |
| Bases de données | Peut-on protéger des données personnelles dans une base ? | Accès, anonymisation, droit |
| Algorithmique | Pourquoi le choix d’un algorithme de tri change-t-il le temps de calcul ? | Tri, coût, comparaison de méthodes |
| Algorithmique | Comment un GPS trouve-t-il un chemin dans un réseau de routes ? | Graphes, parcours |
| Structures de données | Comment organiser des données pour y accéder plus vite ? | Arbres, piles, files, dictionnaires |
| Réseaux | Comment un message trouve-t-il son chemin sur Internet ? | Paquets, routage, protocoles |
| Sécurité | Comment deux inconnus peuvent-ils échanger un secret en public ? | Chiffrement symétrique et asymétrique, clés |
| Système d’exploitation | Comment un ordinateur exécute-t-il plusieurs programmes à la fois ? | Processus, ressources, interblocage |
| Programmation | La récursivité simplifie-t-elle toujours un problème ? | Fonctions récursives, pile d’appels |
| Histoire de l’informatique | Qu’est-ce qu’un problème qu’aucun programme ne peut résoudre ? | Calculabilité, limites des algorithmes |
Chacune se traite avec un schéma simple : un arbre, un graphe de villes, deux machines qui s’échangent des paquets. Un exemple chiffré à la main, trois valeurs, un tri en quatre étapes, vaut mieux qu’un long exposé abstrait.
Questions transversales avec une autre spécialité
Si tu as choisi NSI avec les mathématiques, la physique-chimie, les SES ou une spécialité de sciences humaines, tu peux présenter une question qui s’appuie sur les deux. Ce n’est pas obligatoire, mais elle permet de montrer ton parcours.
- NSI et mathématiques : pourquoi le chiffrement repose-t-il sur des nombres ?
- NSI et mathématiques : à quoi sert la complexité d’un algorithme quand les données doublent ?
- NSI et physique-chimie : comment simuler un phénomène par ordinateur, et jusqu’où lui faire confiance ?
- NSI et SES : un algorithme de recommandation influence-t-il nos choix de consommation ?
- NSI et sciences humaines : l’informatique change-t-elle la façon de mener un conflit ?
Dans ce cas, annonce vite quel est le lien entre les deux enseignements : la qualité de l’argumentation compte autant que la technicité.
Trois questions développées, de l’énoncé au schéma
Pour voir comment une question devient un exposé de dix minutes, voici trois cas, chacun avec un schéma et un exemple chiffré faisables sans écran.
La base de données et l’index : retrouver un client parmi un million de lignes en les lisant une à une demande, au pire, un million de comparaisons. Avec une structure triée, comme un index, une recherche par dichotomie en demande une vingtaine, puisque 2 puissance 20 vaut un peu plus d’un million. Schéma : une liste triée qu’on coupe en deux à chaque étape, avec en exemple une valeur cherchée parmi 16 éléments, en 4 coupes.
Le tri et la complexité. Pour mille éléments, un tri qui compare chaque élément à tous les autres demande de l’ordre d’un million d’opérations, alors qu’un tri qui divise le problème en deux à chaque étape en demande de l’ordre de dix mille. Schéma : deux courbes qui s’écartent quand la taille des données augmente, avec en exemple le tri à la main de huit nombres par les deux méthodes, comparaisons comptées.
Le chiffrement asymétrique. Deux personnes qui ne se connaissent pas échangent un secret sur un réseau que tout le monde écoute : la clé publique sert à chiffrer, la clé privée à déchiffrer. La sécurité repose sur un calcul facile dans un sens et très difficile dans l’autre : multiplier deux grands nombres premiers est rapide, retrouver les deux facteurs d’un produit de plusieurs centaines de chiffres est hors de portée.
Exemple à la main : 3 fois 11 font 33, et retrouver 3 et 11 est immédiat, ce qui n’est plus vrai pour de très grands nombres.
Dans chaque cas, termine sur la limite : la structure ne change rien si les données sont minuscules, un algorithme rapide peut coûter de la mémoire, une clé n’est sûre que tant qu’elle reste secrète.
Un planning de préparation sur quatre semaines
Quatre semaines suffisent pour rendre une question solide, à condition de travailler à voix haute et pas seulement sur le papier.
- Semaine 1 : choisir deux questions, écrire la raison personnelle de chacune, vérifier avec le professeur de NSI qu’elles tiennent dans le programme.
- Semaine 2 : construire le schéma et l’exemple chiffré, tenir l’exposé en 10 minutes, puis le raccourcir à 8.
- Semaine 3 : s’entraîner devant quelqu’un qui ne fait pas d’informatique et lui demander ce qu’il n’a pas compris.
- Semaine 4 : répéter l’échange, avec des relances posées par un proche, puis une simulation complète de 20 minutes, préparation comprise.
Ce qui se prépare avant l’épreuve se voit au moment de reformuler : un candidat qui a déjà expliqué trois fois son schéma à voix haute trouve ses mots quand le jury le pousse.
Comment minuter un exposé de 10 minutes sans écran ?
Le piège de la spécialité est de vouloir tout montrer à l’ordinateur. Or tu ne peux ni projeter ni présenter une réalisation préparée pendant l’année. L’exposé repose donc sur ta parole, sur le papier de la préparation et, au besoin, sur le tableau pendant l’échange.

| Temps | Durée | Contenu |
|---|---|---|
| Motivation | 1 min | Pourquoi cette question te concerne : un projet, un usage, une curiosité |
| Problème | 2 min | Énoncer la question et un cas où elle se pose |
| Principe | 3 min | L’idée clé expliquée avec un schéma tracé pendant la préparation |
| Exemple | 2 min | Un cas chiffré, déroulé à la main avec peu de valeurs |
| Réponse et limites | 2 min | Répondre franchement à la question, dire ce qui reste ouvert |
Avant le jour J, tiens-toi à ce minutage une fois ou deux à voix haute. Un exposé qui s’arrête à 8 minutes n’est pas une catastrophe, mais le temps restant est laissé au jury, et c’est à toi de le remplir intelligemment.
Préparer les 10 minutes d’échange
L’échange sert à te faire préciser et approfondir ta pensée. Le jury peut donc revenir sur un mot, une étape ou une limite évoquée. Prépare des réponses courtes pour ces relances probables.
- Pourquoi as-tu choisi cet exemple plutôt qu’un autre ?
- Peux-tu reformuler ce passage pour quelqu’un qui n’a jamais programmé ?
- Que se passerait-il si les données étaient dix fois plus nombreuses ?
- Où cette notion apparaît-elle dans un usage de tous les jours ?
- Quelle est la limite de ta réponse ?
Quand une relance te met en difficulté, trois réflexes aident. Reformule la question à voix haute pour gagner quelques secondes, puis reviens à ton schéma ou à ton exemple chiffré, qui sert de terrain connu. Et, si tu ne sais vraiment pas, dis-le simplement en proposant une piste de raisonnement : le jury évalue aussi la façon de réagir et de reformuler, pas seulement la connaissance exacte.
Pense enfin à ta posture : debout pendant l’exposé, regard tourné vers les deux examinateurs, voix posée. Un candidat à l’aise sur le fond mais crispé dans la forme perd des points sur la qualité de la prestation orale, un des cinq critères.
Le jury ne peut pas te demander d’écrire ni de faire un exercice au tableau : tu l’utilises seulement si tu le souhaites, pour appuyer une explication. Les conseils d’entraînement se retrouvent dans notre page sur la réussite du grand oral et dans la préparation du grand oral.
Quels pièges guettent les élèves de NSI ?
- Lire du code : un listing sur papier se déchiffre mal à l’oral ; raconte l’algorithme à la place.
- Compter sur la démonstration à l’écran : elle est interdite, mieux vaut un schéma.
- Utiliser du jargon sans le définir, alors qu’un des examinateurs n’est peut-être pas informaticien.
- Choisir un sujet qui dépasse le programme et qui expose à des relances impossibles.
- Oublier la motivation personnelle, qui est la première chose demandée dans l’exposé.
- Rester dans la technique sans conclure : une réponse à la question doit apparaître clairement.
Le réflexe de clarté sert aussi ailleurs : l’oral de rattrapage du bac demande la même simplicité, et la structure en plan vaut pour l’oral du brevet. Le guide complet du grand oral rassemble le reste de la méthode.
Questions fréquentes
Combien de temps dure le grand oral de NSI ?
20 minutes d’épreuve, précédées de 20 minutes de préparation : 10 minutes d’exposé, puis 10 minutes d’échange avec le jury.
Peut-on utiliser un ordinateur ou une présentation ?
Non. Le candidat ne peut ni s’appuyer sur un support numérique ni présenter une réalisation préparée pendant l’année. Seul le support papier de la préparation est permis.
Combien de questions faut-il préparer ?
Deux, inscrites sur une feuille signée par les enseignants. Le jury choisit celle sur laquelle il t’interroge.
Peut-on faire une question qui mélange NSI et une autre spécialité ?
Oui : au bac général, une question peut s’adosser aux deux spécialités à la fois. Les deux questions ne peuvent pas porter sur le même enseignement.
Le jury est-il composé d’informaticiens ?
L’un des deux examinateurs enseigne la spécialité de la question retenue. L’autre peut être professeur de n’importe quelle discipline : explique donc simplement.
La calculatrice est-elle autorisée ?
Non, ni pendant la préparation ni pendant l’épreuve.
Choisis deux questions cette semaine, écris pour chacune le schéma d’une minute et l’exemple chiffré, puis chronomètre-toi à voix haute devant un proche qui ne fait pas d’informatique, en lui demandant de te poser deux questions pièges.